CRU ARTISAN

Une histoire faite de souffrances et d’actions

Cela fait plus d’un siècle et demi que la dénomination « Cru Artisan » existe. Déjà Cocks et Féret, dans leur édition Bordeaux et ses vins de 1868, faisaient largement référence à ces vins. Conçus, pour la plupart, sur de petites exploitations viticoles d’une moyenne de 6 hectares, les Crus Artisans ont traversé les ans et survécu à de nombreux fléaux. Avec des vignobles moins étendus que ceux des Crus Bourgeois et une réputation moins enracinée que celle des Grands Crus Classés en 1855, les vins des artisans et des paysans ont largement souffert des différentes crises économiques et de l’exode rural. Attachés à leur identité plus qu’à la notion de profit, profondément amoureux de leur terre, les viticulteurs se sont alors battus pour que vive le fruit de leur travail. Aujourd’hui, ces hommes passionnés par leurs vignes et leur métier ont su faire triompher le talent et le savoir-faire, valeurs ancestrales qui rythment le quotidien de leurs vies.

Un nom né de l’honneur et des efforts des hommes

Le Syndicat viticole des Crus Artisans du Médoc a, de tout temps, oeuvré pour les intérêts des artisans viticulteurs et pour qu’enfin leurs valeurs soient reconnues. Seul, en famille ou accompagné de salariés, l’artisan assume pleinement la totalité de la chaîne de production : du travail de la vigne à la commercialisation des vins dans la majorité des cas. Depuis 1989, le Syndicat viticole s’engage dans de nombreuses actions visant à promouvoir une certaine idée du Cru Artisan et à remettre à l’honneur cette dénomination officialisée par la réglementation européenne en juin 1994. L’arrêté du 3 mai 2002, signé par le ministre de l’Agriculture et le secrétaire d’État à la Consommation, a fixé et clairement défini les modalités du nouveau classement des Crus Artisans dans les 8 appellations médocaines. Aboutissement du long processus initié par le Syndicat viticole, l’arrêté interministériel d’homologation, paru au Journal officiel du 11 janvier 2006, a réservé la dénomination de « Cru Artisan » à 44 propriétés agréées réparties dans les 8 AOC médocaines. Ces 44 crus sont une reconnaissance explicite du savoir-faire exceptionnel des artisans viticulteurs, dont le métier prend vie sur plus de 330 hectares. Véritable victoire, cette mention protégée est une référence de qualité pour les consommateurs.

Une vie empreinte de talents variés et de savoir-faire

Sur son vignoble ou dans son chai, l’artisan travaille secrètement à son oeuvre. Au fil du temps, il a appris à connaître sa vigne et à tisser avec elle un lien particulier, un langage presque codé qu’il est seul à maîtriser. Peu à peu, il sait. Il sent ce que sa vigne éprouve au simple coup d’oeil, il comprend de quoi son vin a besoin presque instinctivement. Alors, il accède au véritable savoir, celui du savoir-faire, celui qui fait s’unir la théorie et l’expérience sans avoir besoin de chercher laquelle précédait l’autre. Puis, tel un fantastique alchimiste, l’artisan vigneron transforme le raisin qu’il a, patiemment, amené à maturité en boisson divine. Parce qu’il est l’auteur de son vin, l’artisan façonne sa création à son image et lui offre toutes les facettes de sa personnalité. Parce qu’il est l’auteur de son vin, l’artisan connaît, avec toute l’exactitude du créateur, les moindres détails de son ouvrage. Ainsi, chaque bouteille, porteuse de l’identité du vigneron, est un modèle unique de précision et de passion. Pour l’amateur, le Cru Artisan reste une invitation à la variété des plaisirs car la diversité des vignerons implique une palette de vins très différents.